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Pourquoi je ne partage plus mes émotions sur les réseaux sociaux

Pourquoi je ne partage plus mes émotions sur les réseaux sociaux

On pourrait considérer la diffusion des images et d’autres éléments émotionnellement impactants, comme la « seconde » déflagration de l’attentat. La stratégie des terroristes vise aussi à utiliser l’onde de choc physique et émotionnelle de l’attentat pour initier de multiples «répliques » de cette première onde de choc, respectivement « résonance émotionnelle ». Les réseaux sociaux, et les chaines d’information en continu, en seront les principaux catalyseurs (propagation de l’onde de choc de l’acte – ou des actes – terroriste de base).

L’amplification de l’impact: par le partage des images et vidéos des scènes des attentats, de celles des victimes, des témoignages de leur douleur, de sa propre douleur… on « étend » virtuellement le périmètre physique, l’impact des explosions, les dommages humains qu’elles ont causés, à chaque personne que l’on va “toucher” par nos diffusions. Les contenus partagés sont à prendre comme autant d’éclats de cette déflagration/explosion émotionnelle. Ils vont affecter et blesser notre psychisme durablement (le traumatisme se créer aussi par le partage d’expérience traumatisante). Ce qui est exactement ce que les initiateurs de ces attentats cherchent à faire. Ils ne partagent pas nos valeurs, il s’en servent… dès lors, il est important de le prendre en compte pour renforcer notre résilience.

Le fait que je n’affiche pas mon émotion ne signifie pas que je n’éprouve pas d’émotion. Ça ne signifie pas non plus que je n’éprouve pas d’empathie pour les victimes et leurs proches. A titre personnel, je le souligne, je ne veux pas courir le risque que mon empathie ou ma colère… puisse servir d’élément de motivation ou de validation à ceux qui sont à l’origine de tels actes, et que par rebond, je puisse causer insidieusement et indirectement d’autres victimes. Je te le dis sans certitude, ni animosité, ni arrogance, ni leçon de morale.

Je ne veux pas non plus alimenter une « stratégie de la tension » dont certains gouvernements vont se servir (se serve) pour alimenter leur propre agenda politique. Ni à aider à justifier la mise en place d’un « tout sécuritaire » et d’une restriction de nos libertés – au nom de nos libertés – qui ne serait qu’un nuage de fumée destiné à masquer les manquements des services de renseignements et de leur incapacité à collaborer correctement les uns avec les autres.

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Pour finir, je ne partage que des informations que je considère comme potentiellement « utiles » (avec toute la portée subjective de mon jugement), si c’est le moment, ou encore le moment de les partager, et sur quelles plateformes les partager (informations sur le don du sang, les numéros d’urgence, les appels à témoins, par exemple).

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